Jean Vautrin, romancier et scénariste mort à 82 ans

Jean Vautrin, de son vrai nom Jean Herman a rendu l’âme le mardi 16 juin à l’âge de 82 ans. Cet Homme de lettres et de cinéma, né le 17 mai 1933 à Pagny-sur-Moselle en Meurthe-et- Moselle. Raymond, son père, a vu le jour à Arras en en Pas-de-Calais. Jean Vautrin est le petit-fils d’un minier de Lens et d’une directrice d’école maternelle. À l’âge de 4 ans, ce romancier et scénariste a vécu à Vermenton pour entrer ensuite en pensionnat au lycée Jacques-Amyot d’Auxerre en 1944. Parmi ses voisins de chambre figuraient Jean-Paul Rappeneau, futur réalisateur, Jean-Pierre Soisson, futur homme politique, et Jean-Louis Scherrer, futur grand couturier.

Rossellini a collaboré avec lui

Il a passé une bonne scolarité et a entamé ses études de lettres. Après un temps, il a choisi de virer vers le cinéma. L’Institut des hautes études cinématographiques ou Idhec l’a couronné d’un prix et est parti en Inde en 1955 pour rejoindre l’université de Bombay. Lors de son séjour là-bas, il a conçu deux courts-métrages, Chowpatty et Sirsod, village indien. Roberto Rossellini l’a pris comme assistant en 1957 pendant la période du tournage d’India, Mahi Bhumi.

Avec ses expériences avec Roberto Rossellini, Jean Vautrin a tout retenu et a beaucoup apprécié. Il a pu en tirer une leçon comme avoir la capacité de toucher le cœur ou le cerveau des gens, c’est-à-dire leur monde intérieur.

Un fervent anticolonialiste

Vers l’année 1959, il était de retour d’Asie. Avec, Claude Choublier, journaliste à France-Observateur, Herman a réalisé un premier court-métrage d’animation d’après les dessins de Bosc, Voyage en Boscavie. Son œuvre a reçu le prix Emile-Cohl. Après cela, pendant le conflit algérien de 1959 à 1961, il a fait son service militaire. Anticolonialiste radical, il n’a pas accepté de participer à la simulation pour pouvoir être réformé et de figurer dans le peloton des élèves officiers. De ce fait, il a été affecté en bataillon semi-disciplinaire à Montluçon, pour après d’intégrer le fort d’Ivry en Val-de-Marne qui est le Service cinématographique des armées. Cela lui a permis de filmer l’explosion de la première bombe atomique française en Algérie en 1960.

Avec Twist Parade en 1962, il a obtenu le prix du meilleur documentaire au festival d’Oberhausen en 1963. Parmi ses nombreux courts-métrages, quelques-uns ont été primés, sans ne citer que La Quille, en 1961, qui a reçu une distinction à la Mostra de Venise.

Malgré le fait qu’il a prouvé son professionnalisme tout en ne reniant pas ses convictions, le moyen-métrage intitulé Bon pour la vie civile qu’il a sortie en 1962, a été censuré et une douzaine de minutes a été coupée.

Couronné César du meilleur scénario en 1982

Jean Vautrin a assisté le réalisateur Jacques Rivette, pendant son premier film, intitulé Paris nous appartient. Même s’il n’a pas été affiché sur le générique du Le Jour le plus long de 1962, Herman a contribué à sa réalisation. C’était aussi le cas avec certaines parties parisiennes des Quatre Cavaliers de l’Apocalypse, de Vincente Minnelli de 1962, pour le compte de la Metro Goldwyn Mayer.

Il a réalisé Dimanche de la vie (1967), L’Œuf (1972), Adieu l’ami (1968), Jeff (1969) et Popsy Pop (1971). Après cela, il a voulu quitter le monde du cinéma, mais contribue encore à des œuvres tout en restant scénariste. En effet il a collaboré avec d’autres réalisateurs comme Claude Pinoteau, Georges Lautner, Yves Boisset, Gilles Béhat, Jacques Deray, Claude Miller, ainsi que Michel Audiard.

Une narration avec beaucoup d’énergie

e book gratuitVers les années 1970, Jean Herman prend le chemin de la littérature. Comme pour le cinéma, la littérature est pour cet Homme de lettres un moyen de toucher les gens. Il a achevé sa carrière après avoir collaboré avec de nombreuses images du 7ème art, pour entrer dans le monde de la littérature. C’est à ce moment-là qu’il a pris le nom de plume de Vautrin.

Il opte pour la série noire pour prendre le nom de Vautrin, nom d’emprunt de Jean Collin, ancien bagnard et chef de pègre. Jean Vautrin a écrit de nombreux textes bien déguisés dans toutes ses formes pour toucher chaque personne.

Des œuvres qui ont aussi fait sa renommée

En 1973, Jean Vautrin a fait sa première apparition avec A bulletins rouges. Ce roman affiche le cynisme et le désespoir tout en étant accompagné d’une touche drôle. Et puis après d’autres se succédèrent, notamment Billy-Ze-Kick en 1974, Mister Love en 1977, Typhon gazoline en 1977, Bloody Mary en 1979, Groom en 1981, ainsi que Canicule en 1982. En 1983, il a sorti Patchwork, un roman dont il a reçu le prix des Deux-Magots en 1984, son roman La Vie ripolin en 1986, ainsi que Un grand pas vers le Bon Dieu en 1989, qui a été couronné du prix Goncourt des lycéens.

Jean Vautrin a toujours adoré concevoir des feuilletons

Lauréat du Symphonie prix Louis-Guilloux 1999 pour ses œuvres, notamment Grabuge, Le Roi des ordures, Le Cri du peuple, ainsi que Journal de Louise B. jean Vautrin aimait toujours les feuilletons depuis ses débuts. Il a collaboré avec Dan Franck pour la conception du personnage de Blèmia Borowicz. En 2009, il a sorti La Dame de Jérusalem, tout en élaborant les 4 volumes de Quatre soldats français de 2004 à 2012.

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